• Grace is gone
    Un film de James C. STROUSE.
    Avec John CUSACK, Shélan O'KEEFE, Doug DEARTH..
    Sortie le 28 mai 2008.
    Musique originale composée par Clint Eastwood..
    • Drame
    • 1H32
  • Synopsis :

    La vie de Stanley PHILLIPS, père de deux petites filles, bascule lorsqu'il apprend la mort de sa femme, Grace, tuée au service en Irak.
    Comment annoncer à ses filles que leur mère les a quittés ? Stanley tente de repousser ce moment en conduisant les petites à un parc d'attractions en Floride, dans un voyage impromptu qui le met face à son chagrin.

    La voix de sa femme sur le répondeur téléphonique lui procure un piètre réconfort tandis qu'il cherche la manière de partager la triste nouvelle avec ses enfants.

Galerie photos
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Critique presse

« Emouvant, John Cusack a rarement été aussi bon. »
TELEMERAMA

« Un film militant très fort.»
PUBLIC

« Sensible et subtil. »
PARISCOPE

« Un road-movie sensible et émouvant. »
LE FIGAROSCOPE

« Un beau drame contemporain. »
LE FIGARO

« Un tour de force. Difficile de faire mieux. »
FRANCE SOIR

« Clairvoyance et tendresse imprègnent ce film solidement construit. »
LA CANARD ENCHAINE

« Fort. »
VSD

« Un John Cusack poignant. »
PHOSPHORE

« Un film d'une puissance émotionnelle chavirante. »
TELE 7 JOURS

« Un film admirable. »
TELE POCHE

« Subtile. Un film qui ne vous lâche pas. »
FEMME ACTUELLE

« John Cusack excellent face à deux petites actrices étonnantes. »
TELE LOISIRS

« Un beau drame contemporain. »
LE FIGARO MAGAZINE

« Un moment d'émotion intense, sur un sujet toujours d’actualité. »
TELE 2 SEMAINES

« Clint Eastwood apporte sa caution en signant une BO à l’image du film : sobre et sensible. »
PREMIERE

« Un road movie aux accents de sincérité troublants »
LIBERATION

« Poignant »
« Un regard différent sur les oubliés de cette guerre : les familles »
PREMIERE

« Emouvant »
OUEST FRANCE


Autour du film

"Je dois les prémices de ce scénario à des souvenirs personnels déjà anciens et à une émission beaucoup plus récente sur les familles de soldats tombés en Irak", explique le scénariste et réalisateur James Strouse. "En voyant ces gens, je me suis demandé : comment leur système de valeurs survivra-t-il à la perte d'un être cher ?, et j'ai réalisé qu'une histoire racontée de ce point de vue pouvait être éclairante."

"Nous avons eu beaucoup de chance avec Jim", constate le producteur Galt Niederhoffer, de Plum Pictures. "Son premier script, LONESOME JIM, s'imposa immédiatement à nos yeux comme un matériau idéal pour Steve Buscemi, et John Cusack fut aussi notre premier choix pour incarner Stanley dans GRACE IS GONE... avant même que Jim n'écrive son scénario."

Grace is gone"Jim Strouse est un écrivain remarquablement doué, qui crée sur le papier des personnages omplexes et poignants", ajoute Celine Rattray, associée de Niederhoffer à la tête de Plum Pictures. "C'était très excitant de voir son talent s'exprimer aussi brillamment à travers sa première réalisation. Jim est exactement le genre de cinéaste avec lequel nous espérions travailler lorsque nous avons monté notre société."

Collaboratrice de longue date de John Cusack, la productrice Grace Loh fut la première, après Plum, à s'intéresser au projet GRACE IS GONE : "Depuis LONESOME JIM, je savais Jim capable de nous émouvoir avec une histoire intime et personnelle. Lorsqu'il m'a parlé pour la première fois de GRACE et du personnage de Stanley, j'ai été fascinée par le drame de cet homme qui voit sa femme mourir au front et ne sait comment l'annoncer à ses filles. À la façon dont Jim m'en parlait, j'ai pensé que le personnage de Stanley offrait par son intensité et sa complexité un réel challenge pour John (Cusack)"

Fort de cet accord de principe, Strouse commença à rédiger son scénario en donnant à Stanley le visage de John Cusack. Il préféra cependant écrire "dans le noir", sans demander conseil à qui que ce soit, et attendit d'avoir fini la première mouture pour contacter certains experts. Parmi eux, Karen
Pavlicin, auteur d'un manuel à l'usage des familles de soldats : "Surviving Deployment".
"Karen m'a été d'un grand secours sur des points précis, notamment le protocole de l'annonce du décès de Grace par les deux officiers - un rituel immuable qu'il convenait de recréer avec la plus grande exactitude."

Durant ses recherches, Strouse eut l'occasion de se familiariser avec la psychologie des familles de militaires : "Chez eux, le journal télévisé fait l'objet d'une vigilance particulière car les nouvelles sont une source permanente d'angoisse. Les parents veillent à ce que les enfants ne reçoivent pas l'info seuls et en direct, mais en leur présence, filtrée et commentée par leurs soins afin d'éviter traumas et confusions."

Après avoir procédé à quelques révisions suggérées par l'équipe Plum Pictures, Strouse envoya son script à la société New Crime de Cusack et Loh."GRACE IS GONE est en prise directe avec le quotidien, les drames et les émotions d'une famille cruellement frappée par la guerre", déclare
Loh. "Au-delà des statistiques et de toute prise de position partisane, il nous fait appréhender la dimension intime de ce conflit : la perte d'un être aimé, le deuil, le courage et la force nécessaires pour continuer à vivre.
Ce sont des expériences que nous sommes tous amenés à connaître.
Bien que les valeurs de Stanley soient diamétralement opposées aux nôtres, nous ne voulions en aucun cas transformer ce film en un prêche politique. Nous ne nous situons pas sur ce terrain, mais sur celui de la vérité humaine. C'est ce désir de vérité qui nous a rendue particulièrement intolérable la décision du gouvernement d'interdire les photos des cercueils de combattants tombés en Irak. John et moi pensions que ces soldats méritaient d'être honorés au lieu d'être ramenés en catimini et dissimulés au regard de la collectivité. Les familles devaient au moins avoir leur mot à dire à ce sujet."

S'élevant contre cette censure, Cusack déclara dans le New York Times : "Puisque le gouvernement a choisi la dissimulation, il nous incombe de raconter l'histoire d'un de ces cercueils. Cela fait partie de notre travail d'artiste." Et l'acteur de préciser ultérieurement : "L'art politique a mauvaise réputation.
Pourtant, dans une culture qui nie la mort ou la dissimule, le seul fait de dévoiler celle-ci peut constituer un geste politique. La guerre en Irak a donné lieu à quantité de manipulations et de manoeuvres secrètes. Face à celle-ci, la mission de l'artiste est de dire le vrai - en l'occurrence la vérité sur une expérience émotionnelle. On doit se poser au sujet de cette guerre certaines questions morales qui transcendent les discours et affrontements simplistes entre partisans et adversaires de la guerre.

Si nous refusons de prendre en compte les drames et les douleurs qu'une guerre peut engendrer, c'est que nous sommes vraiment devenus fous. Pour toutes ces raisons, GRACE IS GONE m'est apparu comme un film nécessaire."

"J'ai grandi dans une communauté mennonite pacifiste, où mon père, fervent patriote et militariste, faisait figure d'exception", indique Strouse. "Cela me permet de comprendre les points de vue des deux camps. À l'écriture, j'ai veillé à ce que GRACE IS GONE ne devienne pas un film polémique, un tract anti-guerre. Je souhaitais poser des questions, et non apporter des réponses."

UN PREMIER TOURNAGE

Grace is gone"J'avais suivi le tournage de LONESOME JIM quasiment scène par scène et observé de près Steve Buscemi sur le plateau", indique Strouse. "La réalisation de GRACE IS GONE n'en fut pas moins une première... et une belle leçon d'humilité. Le premier jour, le novice que j'étais se retrouva en effet au milieu de dizaines de gens qui avaient tous fait au moins cinq films ! J'ai joué franc-jeu en leur disant : "Je sais où je veux aller, mais chaque fois que vous aurez une meilleure idée, dites-le moi." Cette attitude m'a valu un soutien sans faille tout au long du tournage. En dehors de cela, mon principal atout était de posséder cette histoire dans les moindres détails."

Pour John Cusack, GRACE IS GONE représentait aussi une "première" : "Je n'avais jamais fait un film centré sur un aussi petit nombre de personnages. J'ai fréquemment joué des types isolés, coupés du monde, mais jamais à un tel degré. Stanley est totalement seul face à sa douleur, de la première à la dernière scène. Je n'avais jamais connu une telle tension."

"Par son intimisme et sa retenue, GRACE IS GONE est l'exact opposé de ces grosses productions hollywoodiennes où l'apport du comédien est éclipsé par la résolution d'une myriade de problèmes censément plus importants et plus urgents. Ici, au contraire, tout repose sur l'écriture et le jeu : mon interprétation, celle des filles, celle d'Alessandro Nivola dans le rôle du frère."

"Jim et moi étions sur la même longueur d'onde. J'ai répondu à toutes ses demandes en essayant de créer avec lui un "espace sacré" où nous pourrions aborder les personnages avec tout le respect qui était dû et imaginer leurs vies sans céder au romantisme ou à l'idéalisme. Cela a été une expérience merveilleuse, intense et très intime."

"Je me suis appuyé sur John, et vice versa", déclare Strouse. "Il m'a énormément apporté dans notre dialogue sur Stanley, ses origines, son passé de sportif. Mon frère, brillant athlète universitaire dans les années 80, à l'époque où l'Université de l'Indiana hébergeait des stars comme Bobby Knight, m'a également aidé sur ce plan."

"Au lycée, au collège, je pensais que toutes mes aspirations, tous mes désirs seraient satisfaits", m'a-t-il dit. "À cet âge-là, on vous vénère, on vous récompense pour chaque succès. Mais le jour où vous quittez la fac, c'est comme si l'on vous poussait brutalement dans le vide.

Comment passe-t-on du jour au lendemain du statut d'idole à celui de chef de rayon ? Comment accepter une telle dégringolade ?" "Jim et moi avons essayé de trouver ensemble l'approche la plus exacte de chaque scène", explique Cusack. "Cela a demandé un effort conséquent, mais c'était notre mission. Dont une bonne partie consistait à donner aux filles l'opportunité de prendre chaque jour des risques." Et Strouse de compléter : "Ma règle a été de ne jamais leur dire : "C'est bon" ou "C'est mauvais", mais toujours de les encourager à expérimenter librement, en créant avec John une ambiance qui leur permettrait d'explorer leur personnage en toute sécurité."

Strouse et Cusack travaillèrent aussi en étroite collaboration avec le directeur photo Jean-Louis Bompoint au "schéma visuel" du film. "La caméra fait pendant une majeure partie du film fonction d'"observatrice respectueuse", indique le réalisateur. "J'ai voulu communiquer au départ du film une sensation d'immobilité, qui reflète les blocages de Stanley. Cet homme renfermé, introverti, aime ses filles, mais a du mal à dialoguer avec elles. Cela se traduit à l'image par une abondance de plans fixes et une certaine distance physique entre le père et les deux gamines. Au fil de l'histoire, Stanley commence à se libérer, à se montrer plus chaleureux, et la caméra devient plus mobile jusqu'à danser littéralement autour des trois personnages dans la séquence des Jardins Enchantés."

"À ce stade, les filles et mois nous connaissions vraiment bien et avions vécu ensemble les mêmes épreuves", poursuit Cusack. "Shélan et Gracie sont des comédiennes très réceptives, qui ont donné le meilleur d'elles-mêmes, jour après jour, pour que ce film remplisse toutes ses promesses."

UN AUTRE REGARD

Grace is goneBien que la majorité de la population américaine soit désormais hostile à la guerre en Irak, le cinéma ne semble pas encore avoir pris la mesure des enjeux humains du conflit.
Ainsi que le soulignait récemment le New York Times : "Parmi les films qui traitent de cette guerre, rares sont ceux qui parlent des souffrances des familles de soldats.

Et encore plus rares ceux qui évoquent le tribut payé par ces familles qui ont perdu un mari, et a fortiori une épouse et une mère."
"Parmi mes amis, certains sont parents de soldats", conclut Cusack. "Je leur ai montré GRACE IS GONE. Ils ont aimé ce film. Ils m'ont dit que sa vision avait été un choc, mais un choc salutaire qui leur avait permis de mieux comprendre une certaine vérité et d'en parler avec d'autres.
GRACE IS GONE n'est ni une harangue, ni un édito.

C'est une méditation sur la douleur. Un effort pour éclairer la dimension humaine de la guerre et de la mort."